Mais
que peut ce même stratège lorsque le consommateur séduit n'a plus le pouvoir d'achat nécessaire pour passer à l'acte d'achat ? Le désir du consommateur se transforme tout d'abord en frustration,
puis vient l'étape du désenchantement quand l'entreprise acculée commence à licencier. Etape suivie du désintérêt absolu pour une entreprise qui aura perdu tous ses artifices de
séduction.
La
pression financière sur les entreprises est énorme. Mais pour survivre, l'entreprise va devoir réellement mettre la relation client en première place de ses priorités. Alors que depuis longtemps
bon nombre d'entreprises pensaient d'abord à satisfaire leurs actionnaires, elles vont aujourd'hui devoir penser d'abord à satisfaire le consommateur. Celui qui, hier, achetait le produit pour
répondre à son besoin (ou à son désir), a toujours le même besoin. Il ne peut simplement plus le satisfaire. Ou moins souvent.
Rappelons que le rôle social de l'entreprise est de satisfaire un besoin et son rôle économique est de créer de la richesse. Elle ne peut déroger à l'un de ses rôles. Et le
succès du premier détermine l'importance du deuxième.
La récession appelle de nouvelles stratégies d'approche du marché, plus créatives. Les entreprises qui ne
perdront pas de vue que le besoin existe toujours mais qu'il faut permettre au consommateur de le satisfaire autrement auront gagné. Parier sur un endettement supplémentaire des ménages pour
consommer n'est pas une solution viable. Quant à l'allongement des délais de paiement dans les marchés BtoB, ils sont inimaginables au vu des dispositions de la LME. Les stratèges de la séduction
vont devoir se transformer en stratèges de la créativité économiquement viable.
Conseil en stratégie commerciale et dirigeante de Business Reinforcement Services