Mercredi 26 novembre 2008
En ces temps troublés, certains seront tentés d'adopter une stratégie offensive pour profiter de la
vulnérabilité de leurs concurrents. C'est audacieux, quoique extrêmement risqué. Qui, aujourd'hui, a une certitude sur les objectifs qu'il s'est fixé pour l'année 2009 ? Le marché est instable.
Et prendre des risques à l'heure actuelle peut aussi bien mener à une flamboyante réussite qu'à un échec insurmontable. Par exemple, se surcharger en matière première à bas coût peut être un
excellent gain de rentabilité et de parts de marché, si le marché se maintient. Mais si le marché s'effondre, c'est une surcharge de stock qui va plomber la trésorerie de l'entreprise dans une
période où la santé de ses finances est primordiale pour surmonter la crise.
D'autres, plus prudents, ont réalisé que, pour l'instant, ils ne peuvent en aucun cas dominer leur
environnement externe. Ils restent attentifs aux évènements et se donnent quelques mois pour voir quelle tendance leurs marchés vont prendre à terme. Par contre, s'ils ne mènent effectivement
aucune stratégie offensive actuellement, ils se doivent de la préparer pour la sortie de crise, quand il sera à nouveau possible d'avoir une vision plus claire de l'environnement commercial.
Différentes hypothèses doivent, d'ores et déjà, être envisagées et une stratégie être élaborée pour chacune de ses hypothèses. Le gagnant de cette crise sera celui qui saura sortir la tête de
l'eau le premier, juste après la tempête.
Aujourd'hui, chacun est happé par le quotidien, à évaluer sa position, à imaginer des solutions de réduction
des coûts, à suivre l'évolution de sa trésorerie. En bref, à gérer l'urgence. Mais il ne faut jamais oublier que si, lors d'une tempête, l'objectif primordial d'un navire est de rester à flots,
s'il oublie son cap il dérive.
Un aspect est à souligner dans les périodes de crises : l'entreprise doit puiser dans ses richesses...
humaines. En période d'activité normale, personne n'a le temps de penser à la manière d'améliorer sa tâche, de gagner en rentabilité. Et pourtant, nombreux sont les employés qui ont des idées. Du
manoeuvre qui sait qu'en modifiant légèrement son parcours, il pourrait gagner du temps et faire plus de navettes... à l'opératrice de saisie qui, en discutant avec l'informaticien, a réalisé
qu'une partie des données pouvaient être récupérées automatiquement, limitant ainsi le volume de saisie. Ce sont 2 exemples que j'ai moi-même rencontré en entreprise. Mettre en place des groupes
de réflexion sur l'amélioration de l'efficacité dans l'entreprise aura pour effets positifs, d'une part de découvrir de multiples moyens de gagner en rentabilité, et d'autre part de rassurer les
salariés en parlant de l'avenir de leur entreprise.
Il y aura 2 types de vainqueurs dans cette crise : les quelques opportunistes qui auront pris beaucoup de
risques et auront eu la chance de réussir, et les « constructifs » : ceux qui auront su rebondir en améliorant leur gestion, en tenant prête une stratégie de sortie de crise, et en
ayant mobilisé toute leur richesse humaine, plutôt que de la laisser se démoraliser.